
Trois frères, une agence de gardes du corps, et des âmes sœurs qu’ils n’avaient pas vraiment prévu de trouver. La série Bodyguard de Laura S. Wild suit les triplés Westwood — Lennox, Cruz et Sawyer — auxquels vient s’ajouter Jaxon, leur meilleur ami de toujours, dans des romances où protection rapprochée rime rarement avec distance émotionnelle.
Face à l’adversité, ensemble, toujours. Voilà la devise du clan Westwood.
Tome 1 – Lennon
Lennon a frôlé la mort lors d’une mission. Il a décidé de raccrocher, de se consacrer à la gestion de l’institut Westwood, l’entreprise familiale qui forme les meilleurs gardes du corps du pays. Mais son père lui demande d’assurer une dernière mission de protection. À contrecœur, il accepte.
Sa cliente : Dovie Bennett, brillante étudiante au MIT, passionnée d’astronomie, et cible d’un corbeau dont les messages se font chaque jour plus menaçants. Elle tente de mener une vie normale malgré tout — jusqu’à ce que ses parents lui imposent un colosse grincheux en ombre permanente.
Le point de départ est classique : lui qui ne veut plus être sur le terrain, elle qui supporte mal la surveillance constante. Forcés de cohabiter, les deux personnages vont évidemment finir par s’apprivoiser — et l’attirance fait le reste.
L’histoire se lit bien, et le duo fonctionne. Dovie ne se laisse pas facilement déborder, ce qui la rend sympathique. Lennon est ce qu’il est — un grand gaillard taciturne — mais leur dynamique est agréable à suivre.
Ce qui convainc moins, c’est le fil du suspense. Le corbeau reste en arrière-plan sans jamais vraiment inquiéter. La menace existe sur le papier, mais elle ne pèse pas sur le récit. Le coupable n’a quasiment pas côtoyé sa victime : impossible de spéculer, rien à démêler. Ce n’est pas un thriller, c’est une romance avec un prétexte narratif.
Ça se lit, ça divertit. J’en attends davantage du reste de la série.
Citations
La vie c’est comme une bière. Si tu lui retires le pétillant… ben, c’est plus une bière. Donc, si tu retires le pétillant de ta vie… ben, c’est pas une vie.
Je trouve qu’on forme une bonne équipe, toi et moi. Je suis sexy et tu es un génie.
Quoi qu’on fasse, où que l’on soit et quelque soit les erreurs qu’on commet, nous nous ne sommes pas seuls.
Bordel ! Me voilà bel et bien coincée avec une montagne de muscles mal lunée qui, en plus de me suivre partout, se croit tout permis et a un physique irrésistible.
Chez nous, la famille, c’est le pilier, le centre de notre univers. Les liens entre nous sont une solidité à toute épreuve.
Tome 2 – Cruz
De la fratrie Westwood, Cruz est dans son élément parmi les célébrités, le luxe et les paillettes . Mais se faire poignarder dans une ruelle en voulant défendre une inconnue, ça ne faisait pas partie du programme. L’inconnue en question disparaît après avoir appelé les secours, le laissant sur le carreau.
Elle n’est pourtant pas n’importe qui : Eve DeLuca, le visage du moment. Et quelques temps plus tard, pleine de remords, elle débarque à l’agence Westwood pour demander que Cruz soit son garde du corps et personne d’autre.
Ce qui aurait pu ressembler à un caprice de starlette se révèle autre chose. Cruz perçoit assez vite ce que la surface glamour dissimule, et la relation de confiance qui s’installe entre eux se construit lentement, sans coup de foudre immédiat sur la seule base de leur physique — ce qui change agréablement des formules habituelles du genre.
Le tome offre aussi un regard intéressant sur le milieu du mannequinat : les contraintes imposées aux femmes, l’absence de repos, la pression permanente pour rester visible. Ce n’est pas le cœur du récit, mais ça lui donne un peu d’épaisseur. En arrière-plan, il y a également la trahison — de proches ou moins proches — et la façon dont on en gère les conséquences.
Le prologue et la conclusion, eux, s’écartent de l’histoire principale pour revenir sur l’origine des triplés Westwood — un fil secondaire qui court visiblement sur l’ensemble de la série.
Citations
Je ne crois pas que la fortune ou la célébrité fassent de toi quelqu’un de bien : ce sont tes actes qui parlent, rien d’autre.
Tes symptômes. Le coeur qui s’emballe, les mains moites, l’impression de ne plus pouvoir respirer… Tu n’as pas frôlé la crise cardiaque, tu es tombé amoureux !
Tome 3 – Sawyer
Sawyer porte un poids lourd : c’est lui qui était au volant lors de l’accident qui a plongé sa mère dans le coma. Depuis, il a mis sa carrière de garde du corps entre parenthèses. Mais l’agression de son père change la donne. Pour honorer ses dernières volontés, il reprend du service — et tombe face à Scarlett, son ex du lycée, disparue sans un mot huit ans plus tôt.
Le scénario de base est intéressant. Une histoire inachevée, une explication qui a tardé une décennie, un ressentiment qu’on comprend. Sauf que Sawyer reste bloqué là-dessus beaucoup trop longtemps. On devine assez vite que Scarlett n’avait pas le choix — suivre son père en fuite pour sa sécurité — et que sa disparition n’était pas un abandon délibéré. Il met du temps à l’entendre, arc-bouté sur sa fierté blessée d’adolescent, focalisé sur son propre vécu au point d’oublier qu’elle est d’abord sa cliente, et qu’elle est en danger.
Ce déséquilibre pèse sur le tome. Le contrat sur la tête de Scarlett existe, mais il n’inquiète personne vraiment — ni les personnages, ni le lecteur. La menace se règle en quelques pages, au dernier chapitre, presque par accident. Rien n’est mis en suspens, rien n’est vraiment approfondi.
L’histoire secondaire prend en revanche plus de place : on entre enfin dans le vif du sujet amorcé en prologue depuis le début de la série, on identifie qui menace Oscar, et les triplés mènent leur enquête. Mais là aussi, la résolution arrive vite.
Ce tome est pour l’instant ma déception de la série.
Citations
Faire le deuil d’une relation quand elle n’a pas eu de fin officielle est terriblement difficile, pour ne pas dire impossible.
J’ai su dès que je l’ai revu sur le pas de ma porte que, pour moi, rien n’avait changé, que tu serais toujours mon refuge et mon repère.
On n’a pas besoin de partager le même sang pour former une famille. Il suffit de s’aimer sans condition, sans jugement, et ce quoi qu’il arrive. C’est pour cela que nous, les Westwood, serons pour toujours un tout uni et indissociable.
C’est fou comme l’amour peut influer sur l’humeur. Comme aimer et se sentir aimé en retour peut donner une force incroyable.
Tome 4 – Jaxon
L’intrigue secondaire qui courait depuis le début de la série est réglée. Ce tome se déroule quelques semaines plus tard et se concentre sur autre relation : Jaxon et Billie.
Après l’agression de son père, c’est naturellement vers Jaxon que Billie se tourne pour trouver du réconfort — il a toujours été celui qui lui inspirait confiance et protection. Ce qui était fraternel est devenu sentimental.. Cette tension existait déjà dans les tomes précédents, visible pour le lecteur à travers des gestes discrets, anodins — complètement invisibilisés par les triplés.
Adolescent, Lennon a fait jurer à son meilleur ami de ne jamais avoir de sentiments pour sa sœur. À l’époque, Billie avait 14 ans et Jaxon 18 — la limite s’imposait d’elle-même. Huit ans plus tard, elle termine ses études, sait exactement ce qu’elle veut, et n’a pas besoin de la permission de ses frères pour sortir avec qui elle veut. Jaxon, lui a peur de perdre sa famille de cœur.
C’est mon tome préféré de la série jusqu’ici. Jaxon est touchant à se battre contre ses sentiments, et Billie s’affranchit vraiment de ses frères — elle sait ce qu’elle veut et elle le tient.
Ce qui est moins convaincant, c’est l’attitude de Lennon. Lui comme
ses frères ont tous trouvé leurs âmes sœurs, parfois dans des circonstances bien plus compliquées. Pourtant il refuse de voir que Jaxon ne joue pas avec les sentiments de Billie, que leur relation est sérieuse. La scène où Billie le remet à sa place se fait attendre, mais le moment venu, elle ne se rate pas.
Citations
Je suis sincèrement désolé d’avoir rompu ma promesse, Lennon, mais je n’ai pas choisi d’aimer Billie. Je l’aime, point final.
Personne ne peut me reprocher d’être tombé amoureux d’elle, pour la simple et bonne raison que personne ne peut prévoir à l’avance vers qui son cœur va pencher.
Tome 5 – Oscar
Le dernier tome fait le choix de revenir en arrière — 1997, Oscar Westwood tout jeune bodyguard, et Ellen Ferguson, actrice célèbre en perte de vitesse. Deux personnages dont on connaît déjà le destin, ce qui aurait pu freiner l’intérêt. Mais non.
La partie contemporaine vient compléter le tableau : Lennon, Cruz, Sawyer et Jaxon filent le parfait amour, jusqu’à ce qu’une découverte vienne secouer le manoir Westwood. Un secret, des suspicions, quelques turbulences — et une belle façon de boucler la série.
Cinq étoiles, malgré une légère hésitation au départ. Raconter l’histoire des parents alors qu’on sait où elle mène, c’est un pari risqué. Il fonctionne. Retrouver Oscar et Ellen était plus agréable que prévu, et la partie finale — celle où les frères tombent sur un secret qui les bouscule autant qu’il les fait avancer — est une vraie réussite. Une belle conclusion pour la série.
Citations
Je ne suis pas juste tombé sous le charme d’Ellen, je suis tombé pour elle. Entièrement.
Si tu avais été Clyde, j’aurais été ta Bonnie, prête à prendre perpétuité pour que tu puisses vivre libre, mais on ne se serait jamais fait arrêter parce qu’on est trop intelligent pour ça.
Ensemble, les femmes sont inarrêtables, pour peu qu’elles se serrent les coudes.
J’ai décidé de devenir garde du corps pour protéger ceux qui en avaient besoin. Aujourd’hui mon seul et unique but sera de veiller sur les quatre êtres les plus importants de ma vie. J’y consacrerai mon existence.
Mon avis
Ce qui m’a retenue dans cette série, ce ne sont pas les intrigues — le suspense reste souvent en surface — mais les personnages et ce qui se joue entre eux. Les héroïnes, notamment, gagnent en caractère au fil des tomes. La fratrie Westwood, elle, est le vrai fil conducteur : leurs dynamiques, leurs loyautés, leurs maladresses. Une série qui se lit avec plaisir, et qui s’améliore à mesure qu’elle avance.
Bibliographie
Date de parution : 2022-2024
Edition : Hugo publishing
Aide à la relecture et structure : mammouth.ai