Off Campus – Série de Elle Kennedy

Off Campus, la série phénomène d’Elle Kennedy, m’a happée dès sa découverte, à la suite du visionnage de l’adaptation télévisée.

Quatre couples, quatre tomes, une même université — Briar, à Boston, réputée pour ses filières sportives et artistiques — et un fil conducteur commun : des joueurs de hockey aussi charmeurs qu’imparfaits, qui tombent, l’un après l’autre, sous le charme de jeunes femmes bien décidées à ne pas se laisser séduire aussi facilement.

Garrett et Hannah, Logan et Grace, Dean et Allie, Tucker et Sabrina : chaque histoire aborde des thèmes différents — le traumatisme et la reconstruction, la maltraitance conjugale, le deuil, la parentalité — sans jamais perdre cette légèreté et cette complicité qui font le charme de la série.

Un cinquième tome, The Legacy, vient compléter l’ensemble en donnant des nouvelles de ces quatre couples, trois ans après l’obtention de leur diplôme.

Tome 1 : The Deal

L’histoire se déroule à l’université de Briar, à Boston, un établissement réputé pour ses filières sportives et artistiques, qui possède notamment une solide équipe de hockey. Ce premier tome est consacré à Hannah et Garrett — je l’ai découvert après avoir vu la première saison de la série télé Off Campus.

Hannah est étudiante en troisième année de musique, option interprétation, mais elle perd tous ses moyens dès qu’il s’agit d’hommes et de séduction. Garrett, lui, est le capitaine de l’équipe de hockey. Pour conserver sa place à l’université, les sportifs doivent maintenir une moyenne au-dessus du C — or sa note catastrophique en philosophie menace sérieusement son avenir. Il insiste auprès d’Hannah pour qu’elle lui donne des cours de rattrapage et, assez têtu, finit par obtenir gain de cause. En échange, il l’aide à séduire le quarterback de l’équipe de football.

Cet arrangement, un peu agaçant pour elle au départ, amusant pour lui, tourne rapidement en amitié. Assez vite, Hannah se sent suffisamment à l’aise avec Garrett pour lui confier son viol. Lui, de son côté, se sent libéré en lui avouant les maltraitances subies de la part de son père. Tous deux sont à l’écoute l’un de l’autre : ils devinent quand quelque chose ne va pas et font preuve d’une réelle conscience émotionnelle.

La narration alterne entre les points de vue d’Hannah et de Garrett, ce qui permet de mieux comprendre et d’interpréter les sentiments de chacun. Le roman aborde des thèmes assez peu traités habituellement : la drogue utilisée pour violer des femmes, le long travail psychologique pour aller de l’avant, la maltraitance conjugale et parentale, la fraternité, la confiance en soi. Le sexe y est aussi traité sans tabou, sans que rien ne soit jamais déplacé. Et si les garçons de cette université sortent facilement avec les filles, Garrett le souligne lui-même : ce ne sont pas eux qui vont vers elles, mais l’inverse — les filles les utilisent souvent comme des objets de popularité.

En dehors de quelques scènes et personnages qui diffèrent, la série télé reste globalement fidèle au livre. La séparation du couple et la gestion de la rumeur qui s’ensuit sont toutefois mieux traitées dans le roman que dans son adaptation.

Citations

Je déteste ce mot. Viol. C’est moche et déprimant, un des rares mots qui vous fait l’effet d’une claque dans la gueule ou d’un seau d’eau glacée sur la tête.

– Ne m’appelles pas bébé ! Et tu ne mérites pas de savoir comment se sont passées mes vacances ! s’exclame–t–elle en regardant les trois coéquipiers qui se douchent à côté de moi. Bon sang, rincez–vous et foutez le camp ! J’essaie d’engueuler votre capitaine !

Le meilleur moyen d’oublier un mauvais souvenir, c’est de le remplacer par un souvenir heureux.

Quand la seule chose qui les intéresse, c’est de se faire un joueur de hockey pour pouvoir s’en vanter auprès de leurs copines, oui, c’est comme ça qu’on les appelle, dit-il sur un ton légèrement amer. C’est moi qui suis traité comme un objet, pas elle.

Des pénis !
Doux Jésus.
Des pénis, partout !
Je suis horrifiée par ce que je vois. Mon Dieu. Je viens d’interrompre un colloque de pénis. Des grands pénis et des petits pénis, des gros pénis et des pénis qui ressemblent à des pénis. Peu importe où je tourne la tête, il y a des pénis à perte de vue.

Tome 2 : The Mistake

John Logan est l’une des stars de l’équipe de hockey, ce qui lui permet d’avoir toutes les filles qu’il veut. Mais derrière ses sourires ravageurs et son charme évident se cache un garçon blessé, inquiet d’un avenir qui s’annonce loin d’être rose : après la fac, il devra dire adieu au hockey. Pour oublier cette perspective, il enchaîne les soirées universitaires et les conquêtes.

Leur rencontre tient du hasard — une erreur de lieu de fête, un film d’action regardé côte à côte. Grace, elle, est en première année et encore intimidée par la fac, au point de ne pas avoir d’autre amie que sa camarade d’enfance et de ne pas réussir à tenir une conversation avec un garçon plus de cinq minutes. Logan se dit qu’elle sera la fille idéale pour se changer les idées. Mais Grace, blessée par son comportement, finit par le repousser. Elle n’est plus la jeune fille timide et innocente du début de l’année : elle compte bien lui faire payer son erreur, et John va devoir élever son niveau de jeu pour la récupérer.

La suite du roman n’est que le cheminement de Logan vers la romance. Il ne peut plus se passer de Grace et s’attache à elle un peu plus chaque jour passé ensemble. L’histoire reste simple, sans prise de tête ni rivaux, et se termine comme on peut s’y attendre dans ce genre de récit.

Les thèmes abordés sont moins forts que dans le tome 1, à l’exception de l’alcoolisme. Au début, j’ai eu du mal avec Logan, assez différent de l’image qu’en donne la série dans sa première saison. La narration à deux voix aide heureusement à mieux comprendre son comportement : sans cela, il serait difficile de lui faire confiance. Ce choix narratif rappelle aussi qu’il ne faut pas juger sur un premier regard, et qu’un peu plus d’ouverture et de compréhension avant d’agir ne fait jamais de mal.

Ce que Logan met en place pour se faire pardonner n’est, à mon sens, pas assez développé — dommage. J’aurais aimé connaître le détail des six missions que Grace lui impose. Il y a malgré tout de bons moments, qui m’ont arraché plusieurs sourires.

Citations

Premièrement, je ne me suis jamais autant amusé avec une fille.
Deuxièmement, je ne veux pas que ça se termine.
Et troisièmement… je crois que je suis en train de tomber amoureux.

Elle m’a appris plusieurs choses utiles. La première : aie confiance en toi. La deuxième : sois spontanée. La troisième : la seule opinion qui compte, c’est la tienne.

Je t’aime, espèce d’abruti. Ce n’est pas tout à fait ce que je rêvais d’entendre. La première partie, oui, bien sûr. Mais la deuxième… je m’en serais bien passé.

Mes parents m’ont appris l’importance du pardon et qu’il est primordial de se débarrasser de son amertume et de sa colère plutôt que de se laisser consumer par la colère.

Liberté, hockey, amitié. Ce sera ma nouvelle devise.
Cependant, ma priorité est évidente. Il faut que j’arrange les choses avec Grace.

Tome 3 : The Score

Allie Hayes traverse une véritable crise. Elle n’a toujours aucune idée de ce qu’elle fera après l’obtention de son diplôme, alors que l’échéance approche à grands pas. Comme si cela ne suffisait pas, elle tente aussi de se remettre d’une rupture qui lui a brisé le cœur. Une chose est sûre : la solution à ses problèmes ne passe certainement pas par une histoire sauvage avec Dean Di Laurentis, la star de hockey de l’équipe. Et pourtant, il est difficile de lui résister. Allie a décidé que, même si son avenir reste incertain, elle ne sera pas le prochain coup d’un soir du hockeyeur — il devra faire un peu plus d’efforts que d’habitude pour la faire céder.

Dean, lui, obtient toujours ce qu’il veut : des filles, de bonnes notes, la gloire, encore des filles. C’est un homme à femmes qui n’a jamais rencontré quelqu’un d’insensible à son charme — jusqu’à Allie. En une nuit, la jeune femme fougueuse fait basculer son petit monde bien réglé. Et voilà qu’elle lui propose son amitié. Non : c’est lui qui décide du déroulement des choses, et il n’est pas prêt à bousculer sa façon de vivre. Mais Allie va lui faire tourner la tête, au point qu’il commence à se demander s’il n’est pas temps d’arrêter d’enchaîner les amourettes pour se jeter, enfin, dans le grand amour.

Ce troisième tome ne m’a pas déçue. J’avoue que Dean ne m’attirait pas particulièrement au début, mais mon opinion a changé au fil de sa relation avec Allie, que j’ai adorée. Le roman regorge de bonnes répliques, et le challenge entre les deux personnages, bien que présent, reste léger.

C’est en tout cas assez fascinant de voir comment un homme habitué à multiplier les conquêtes finit par se focaliser entièrement sur la seule qui ne tombe pas immédiatement sous son charme. Après Garrett et Logan, Dean tombe lui aussi dans le panneau — une mécanique qui devient presque une signature de la série. Ce tome se distingue en abordant, cette fois, le thème de la mort et du deuil.

Citations

Le problème avec l’espoir, c’est qu’il mène trop souvent à la déception.

Je crois qu’il faut un certain degré de confiance pour rester aux côtés de quelqu’un sans ressentir le besoin urgent de jacasser. Mon père m’a dit un jour que la façon dont une personne réagit à un silence en dit beaucoup sur sa personnalité.

Dean s’est effondré comme un château de cartes, c’est vrai. Mais peut- être qu’il en avait besoin pour apprendre que la vie n’est pas parfaite, qu’il arrive parfois de mauvaises choses et qu’on ne peut pas arrêter de vivre lorsque c’est le cas.

Tome 4 : The Goal

Sabrina James est en dernière année de lycée. Elle a depuis longtemps planifié son avenir : obtenir son diplôme, entrer à la fac de droit et décrocher un poste dans l’un des plus grands cabinets d’avocats du pays. Elle veut aller de l’avant et oublier son passé. Quand elle croise le beau Tucker, elle n’a qu’une nuit à lui offrir — il ne peut pas faire partie de ses projets. Mais tout va se compliquer.

John Tucker, star du hockey qui ne vit que pour sa passion, se transforme lorsque Sabrina lui annonce qu’elle est enceinte. Il compte bien assumer son rôle de futur père. Mais la jeune femme, têtue, refuse toute aide de sa part. Il faudra toute la ténacité de Tucker pour que, petit à petit, elle lui ouvre son cœur. Saura-t-il convaincre la belle et froide Sabrina que mener un projet à deux est parfois plus facile que d’y faire face seule ?

Ce quatrième opus adopte un rythme différent des précédents : l’année universitaire touche à sa fin. L’histoire se déroule en parallèle de celle de Dean, et va même au-delà — nous avions déjà assisté à la première rencontre entre Tucker et Sabrina dans le tome 3.

Il y a beaucoup à dire sur ce tome. D’abord, je n’ai pas été complètement conquise par les personnages. Sabrina est une jeune femme complexe, qui a appris à se débrouiller seule, à ne faire confiance qu’à elle-même, et qui a peu connu l’amour, qu’il soit parental ou autre. Elle a passé ses trois années universitaires à étudier et à travailler, profitant peu des moments de légèreté avec ses camarades. Elle ne veut donc pas s’engager avec Tucker au-delà du sexe. Mais le destin décidera de lier leurs vies par des liens plus profonds. Tucker, lui, se montre patient et très compréhensif. Il ne se bat pas pour la garder, mais reste toujours présent par de petits gestes, et parvient ainsi à l’amadouer peu à peu.

Parce que j’aimerais voir un jour une grossesse, une préparation à l’accouchement et un accouchement traités avec justesse et respect, j’ai été déçue par la scène de sophrologie — pourquoi montrer des visualisations violentes plutôt que des images apaisantes ? — et par l’accouchement lui-même, où Sabrina reste allongée pendant vingt heures, avec seulement quelques massages de temps en temps. Si elle avait pu se lever et marcher, le travail aurait sans doute été plus rapide. Dommage : une belle occasion manquée, alors que la série avait fait un grand pas en montrant des hommes ouverts, protecteurs et respectueux, portés par une communication active.

Il y avait aussi moins de répartie entre Tucker et Sabrina que dans les autres couples de la série, et ce tome se révèle globalement un peu trop sérieux. En revanche, le concours pour élire le parrain était hilarant — dommage de ne pas avoir eu droit à la scène entre le parrain et sa filleule.

Citations

Parce que c’est l’amour, le but ultime. Ce n’était pas ce que je cherchais, mais c’est celui que j’ai eu la chance, une chance incroyable, de pouvoir atteindre.

La femme embrasse les petits doigts de Jamie, et je me dis qu’il va falloir que je les essuie dès qu’elle aura tourné le dos. Bon sang, je la laverais au jet si je n’avais pas peur de lui mal. Je ne veux pas qu’on refile des microbes à mon enfant.

Demander à John Tucker de ne pas m’aider c’est comme demander au soleil de ne pas se lever.

Nous sommes heureux parce que nous voulons l’être, parce que nous partageons nos émotions et notre énergie le mieux possible.

Tome 5 : The legacy

La vie après l’université, pour Garrett et Hannah, Logan et Grace, Dean et Allie, et Tucker et Sabrina, n’est pas tout à fait ce qu’ils avaient imaginé. Ils sont ensemble, certes, mais doivent aussi affronter les problèmes de la vie réelle — ceux auxquels quatre années à Briar U ne les avaient pas vraiment préparés. Il s’avère que, pour ces quatre couples, l’amour est finalement la partie la plus facile. Grandir, c’est autrement plus difficile.

Ce tome est divisé en quatre parties. On y retrouve chaque couple avec sa complicité propre, ses difficultés, son humour, et bien sûr son amour — le mot-clé de chaque histoire. Les quatre récits sont liés entre eux par un fil conducteur aussi amusant qu’un peu angoissant.

Logan et Grace ne sont jamais partis en vacances — Logan, en tout cas, jamais. Et cela se ressent quand ils s’aventurent pour un week-end au ski en montagne. Mais tout est bon pour retourner la situation en leur faveur.

Dean et Allie doivent apprendre à s’écouter et à s’accorder aux besoins de chacun. Ce n’est pas si simple, mais quelques prises de conscience personnelles leur permettent d’avancer et de trouver des compromis.

Tucker et Sabrina sont en lune de miel. Pas facile de quitter leur famille, de réussir à se détendre et à exprimer leurs besoins respectifs. Malgré les péripéties qui menacent d’écourter cette semaine paradisiaque, ils parviennent à y faire face ensemble et en sortent plus forts.

Garrett et Hannah vivent le parfait amour, même si les longues absences de Garrett mettent parfois leur couple à l’épreuve — surtout quand il devient urgent d’annoncer un événement important. Garrett doit aussi, une fois encore, composer avec cette histoire jamais résolue avec son père pour pouvoir avancer.

Un pur plaisir de retrouver tous ces personnages et leurs interactions.

Petit conseil : comme certains couples de la série Briar University — le spin-off d’Elle Kennedy mettant en scène des personnages secondaires après le départ de Garrett, Logan, Dean et Tucker — sont mentionnés dans ces nouvelles, vous pouvez la lire avant, mais ce n’est pas une obligation.

Citations

L’un des passe-temps favoris de Garrett est, et je le cite, « d’être témoin de notre stupidité ».

Il n’y a pas de meilleure leçon d’humilité, pour un homme, que le fait de devenir père.

Le hockey n’a pas d’importance. La fac, le travail. Rien de tout ça n’a d’importance si ça ne fonctionne pas entre toi et moi. Si on n’est pas connectés.

Conclusion

Au terme de ces cinq tomes, la série Off Campus se révèle attachante, portée par une narration à deux voix qui permet de comprendre chaque personnage sans jamais céder à la caricature. Si certains tomes m’ont davantage marquée que d’autres — The Deal pour la profondeur de ses thèmes, The Score pour la justesse de son évolution — l’ensemble garde une belle cohérence, avec des personnages secondaires qui se recroisent d’un livre à l’autre et enrichissent l’univers de Briar. The Legacy offre une conclusion satisfaisante, en montrant que l’amour, une fois trouvé, ne résout pas tout : grandir ensemble reste un travail de tous les jours. Une série que je recommande sans hésiter aux amatrices de romance universitaire, à condition d’accepter que certains tomes soient plus réussis que d’autres.

Aide à la relecture et structure : mammouth.ai

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