Le détective et le soldat blessé – Isabelle Lesteplume

Et si Sherlock Holmes et John Watson n’étaient pas seulement colocataires et partenaires d’enquête ? Isabelle Lesteplume revisite le mythe du célèbre duo dans un Londres victorien où l’amour entre deux hommes doit se vivre dans l’ombre.

Résumé

Le roman se déroule à Londres en 1881. John Watson vient d’être rapatrié d’Afghanistan. Brisé par la guerre, il a tout perdu : sa santé, sa raison de vivre, son premier amour. Il emménage en colocation avec le brillant et excentrique Sherlock Holmes, qui débute sa carrière de « détective consultant ». Bien que fasciné par les crimes et les énigmes, Holmes est rongé par l’ennui et la solitude. Lorsque les deux hommes se rencontrent, une relation particulière s’installe entre eux. Peu à peu, ils se font confiance, partagent les informations qu’ils reçoivent et partent ensemble à la découverte des mystères qui les entourent.

Mon avis

Il ne faut pas s’attendre avec ce livre à retrouver les enquêtes minutieuses de Conan Doyle ni la fidélité exacte aux personnages originaux. Ce qui est mis en avant ici, ce sont les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, avec leurs faiblesses, leurs interrogations et leurs peurs. Tout au long du livre, les caractères se dévoilent petit à petit et deviennent touchants. En arrière-fond se développe une relation amoureuse entre Sherlock et John, une relation mise en danger par l’époque : à ce moment-là, tout homme reconnu coupable d’homosexualité était aussitôt envoyé au bagne. Ils doivent donc se cacher et ne faire confiance qu’à quelques personnes proches.

On retrouve des personnages familiers comme l’inspecteur Lestrade, la concierge Madame Hudson ou Mary, ainsi que quelques enquêtes existantes que l’autrice utilise en toile de fond. Le cœur de l’histoire reste néanmoins leur acceptation mutuelle. J’ai vraiment bien accroché à ce roman.

L’écriture est fluide, la narration alterne entre les points de vue de l’un et de l’autre. On suit leurs espoirs, leurs doutes, leurs incertitudes, leur jalousie aussi, nés de leur manque de communication. Malgré une longue période de vie commune, une certaine pudeur persiste entre eux, pudeur que l’on retrouve également dans les rares scènes intimes, écrites avec légèreté et délicatesse.

Je conseille cette lecture à celles et ceux qui apprécient l’univers de Sherlock et Watson sans en être puristes, car les fans attaché·es à la version canonique pourraient être déçu·es. Ce qui est appréciable, c’est qu’il n’est pas nécessaire de connaître l’œuvre de Doyle pour se plonger dans l’ambiance du Londres de la fin du XIXe siècle.

Conclusion

Une découverte agréable qui m’a touchée par sa justesse psychologique et sa pudeur. Si vous aimez les romances historiques M/M et l’ambiance victorienne, ce livre saura vous séduire, même sans être expert·e de l’univers de Conan Doyle.

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