
La maison des biscuits, c’est celle dont la lumière ne s’éteint jamais vraiment. Réconfortante, ouverte, habitée. Elle est le décor de ceux qui y sont nés, qui l’ont quittée, qui y sont revenus — et de celle qui n’en est jamais vraiment partie.
Malu grandit à Bruxelles, entourée de ses sœurs, bercée par les récits de voyage de son père parti clandestinement au front en 1914. Professeure de piano, elle développe très tôt un instinct farouche de protection envers les enfants. Devenue mère, elle ne cessera de veiller sur son clan, d’un œil tolérant mais attentif, tandis que le monde s’emballe autour d’elle et que ses repères se dissolvent doucement dans le tumulte du XXe siècle belge.
Le roman se présente comme une saga familiale, mais ce serait réducteur de s’en tenir à cette étiquette. On ne voit le monde qu’à travers les yeux de Malu — et c’est précisément ce qui en fait la force. Elle est l’ancre de la famille, autant que de la maison elle-même, une belle demeure Art Nouveau décrite avec soin. C’est une belle découverte que cette vie bruxelloise d’un milieu bourgeois sans ostentation, traversé par quelques turbulences mais fondamentalement ancré dans le quotidien.
L’écriture est fluide, on entre doucement dans cette famille, sans brusquerie. Mais j’ai trouvé que le récit restait parfois en surface. Les anecdotes s’égrènent comme des souvenirs — évoqués plutôt que vécus — et j’aurais aimé davantage m’y attarder. Les ellipses temporelles, parfois de cinq ans d’un paragraphe à l’autre, m’ont par moments déstabilisée.
Quant au titre : non, Malu ne fait pas de biscuits. Ce sont ses attentions, ses petites offrandes silencieuses à chacun, qui portent ce nom. Ces gestes qui restent longtemps sur les papilles et ramènent toujours le souvenir de l’aïeule.
Liens annexes
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Bibliographie
- Date de parution : 2025
- Edition : 180° Editions
Aide à la relecture et structure : mammouth.ai