Angélina, le temps des délivrances – Marie-Bernadette Dupuy

Dans ce second tome, Marie‑Bernadette Dupuy poursuit le parcours d’Angélina, jeune sage‑femme confrontée aux secrets, aux silences et aux choix imposés par son époque.

Résumé

Mai 1881, à Saint-Lizier en Ariège. Angélina exerce le métier de sage‑femme dans la maison familiale, après avoir suivi ses études à Toulouse. Pour sauver les apparences, elle a confié son fils à sa bienfaitrice, Gersande de Bersac, qui l’a adopté.

Malgré une réputation grandissante, due à ses compétences et à sa disponibilité, Angélina traverse une période d’incertitude dans sa vie personnelle.

Elle désespère de revoir Luigi, un bohémien dont elle s’est éprise. Réfugié à Barcelone pour fuir de fausses accusations de meurtre commises dans la région (tome 1), Luigi conserve le souvenir obsédant de la jeune femme, qu’il surnomme Violetta. Il prépare son retour sans connaître la vérité sur ses origines.

Le retour de Guilhem, premier amour d’Angélina et père d’Henri, la confronte à son passé. Elle comprend alors qu’elle ne ressent plus rien pour cet homme qui l’a abandonnée, brisant les promesses qu’il lui avait faites.

L’arrivée de Luigi, la révélation de la filiation et l’acceptation de leur amour ouvrent pour Angélina un temps de renouveau.

Mon avis

Je pensais qu’il s’agissait d’un tome unique ; c’est au fil de la lecture que j’ai compris qu’il s’agissait en réalité du tome 2. Cela ne m’a pas gênée dans la compréhension de l’histoire, les faits importants étant rappelés au cours du récit. Il peut donc se lire indépendamment.

La thématique des naissances et le rôle de la sage‑femme — encore très présent à la fin du XIXᵉ siècle — m’ont particulièrement touchée. J’avais l’impression d’être au cœur du village, au plus près des habitants : leurs relations, leurs préjugés, leurs rites et leurs codes sociaux.

Les personnages sont attachants. Angélina m’a parfois fait tiquer par ses sautes d’humeur et une certaine inconstance, mais elle n’est pas la seule à se laisser guider par ses principes. Luigi partage avec elle cette tendance à voir d’abord le mauvais côté des choses avant d’avoir toutes les cartes en main. Tous deux hésitent, se replient, et perdent du temps à dévoiler leurs sentiments, freinés par la rancune et les blessures laissées par l’accusation de l’année précédente, encore très présente.

Une fois leurs cœurs ouverts et les secrets révélés, plus rien ne semble pouvoir les séparer : la confiance et le soutien mutuel s’imposent alors comme une évidence.

Conclusion

Angélina, le temps des délivrances est un roman porté par le poids des secrets et le temps nécessaire pour les affronter. Marie‑Bernadette Dupuy laisse ses personnages avancer à leur rythme, entre doutes, rancunes et élans retenus. C’est cette lenteur, parfois frustrante, qui rend leur cheminement crédible et humain, et qui donne au récit toute sa justesse.

Cette lecture a aussi été pour moi une découverte de l’autrice, à travers un regard attentif porté sur la place des femmes à la fin du XIXᵉ siècle : ce qu’elles subissent, ce qu’elles taisent, et ce qu’elles transmettent. La figure de la sage‑femme, au cœur du roman, incarne cette transmission silencieuse d’un savoir et d’un rôle essentiel, souvent relégué à l’arrière‑plan, mais profondément ancré dans la vie du village.

Bibliographie

  • Titre : Angélina, le temps des délivrances – Tome 2
  • Autrice : Marie‑Bernadette Dupuy
  • Édition : Le Livre de poche
  • Date de parution : 6 janvier 2016
  • ISBN : 978‑2‑253‑19440‑8

Aide à la relecture et structure : mammouth.ai

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