
La visite du domaine de Trianon a eu lieu au lendemain de notre escapade au château de Versailles. Le temps est toujours ensoleillé, même si la pluie est annoncée en fin de journée.
Nous prévoyons de découvrir le Grand Trianon et ses jardins, puis le Petit Trianon et le Hameau de la Reine.
Construction
Dans les années 1660, Louis XIV acquiert le village de Trianon et y fait construire un premier édifice, le Trianon de Porcelaine, ainsi nommé pour ses faïences de Delft qui ornaient les façades. Il y reçoit notamment Madame de Montespan.

En 1687, Jules Hardouin-Mansart le fait démolir pour édifier le palais actuel. Louis XIV, très impliqué dans ses projets architecturaux, suit attentivement les travaux. Il fait réaliser le péristyle en marbre rose du Languedoc qui relie les deux ailes du bâtiment.
Histoire

Le Grand Trianon est conçu comme une résidence plus intime, à l’écart du protocole versaillais.
Louis XIV s’y retire à la fin de sa vie avec Madame de Maintenon.
Louis XV y séjourne avec Madame de Pompadour.
Napoléon Ier le réaménage et en fait une résidence impériale pour lui et Marie-Louise.
Louis-Philippe y séjourne à son tour sous la monarchie de Juillet.
En 1963, le général de Gaulle décide d’en faire une résidence présidentielle destinée à accueillir des chefs d’État étrangers, comme la reine Élisabeth II ou Hassan II.
Une architecture singulière
La particularité du Grand Trianon réside dans son architecture. De plain‑pied et largement ouvert sur les jardins, il offre à la famille régnante, génération après génération, un lieu plus calme et raffiné, à l’écart du protocole et de l’agitation du pouvoir. Cette ouverture constante sur les jardins change complètement mon ressenti : l’atmosphère y est moins solennelle qu’au château.

La visite
Contrairement à Versailles – où nous n’avions pas pu accéder aux appartements des filles du roi, pourtant parmi les plus meublés – le Grand Trianon présente un mobilier du Premier Empire et de l’époque de Louis-Philippe.

Pendant la Révolution, le palais est vidé mais relativement préservé.
La lumière est omniprésente grâce aux grandes fenêtres. Depuis le salon des Glaces, les miroirs reflètent les jardins presque à l’infini.
Les salles restent simples même lorsque le mobilier se fait plus ornementé comme les pieds des tables.

La circulation est fluide, et permet de s’attarder sur des détails : un casque sculpté dans la corniche du salon des Seigneurs – ancienne salle des gardes sous Louis XIV – la qualité des recouvrements des assises et des tentures ou encore les nombreux tableaux représentant Versailles et Trianon à leurs débuts.

La galerie des Cotelle m’a particulièrement retenue. J’ai pris le temps d’observer ces vues anciennes des jardins de Versailles et de les comparer à ce que j’avais la veille.

Le péristyle

Construit sous la supervision attentive de Louis XIV, le péristyle en marbre de Languedoc relie les deux ailes du palais. Le sol en damier noir et blanc accentue la perspective vers les jardins.
Sous Napoléon, il est fermé par des fenêtres pour faciliter la circulation intérieure. Il est rouvert depuis 1910. En le traversant, on sent immédiatement les courants d’air.
Les jardins
Le palais est constamment ouvert sur ses jardins, visibles depuis presque toutes les pièces.
Ils sont conçus par Michel II Le Bouteux, neveu d’André Le Nôtre. Le style reste classique : parterres géométriques, terrasses, massifs structurés.

Fin octobre n’est sans doute pas la meilleure période pour apprécier la floraison. Les allées étaient presque vides, ce qui renforçait cette impression de retrait. Nous nous sommes surtout attardées sur les statues, notamment dans le bosquet de la Salle des Antiques, et sur les dragons du bassin du Plat-Fond, dans l’axe du péristyle.

Le buffet d’eau, décoré de marbre et de plomb, constitue le seul grand jeu hydraulique du jardin. Il a été restauré en 2023.

En rejoignant le Petit Trianon, nous apercevons le jardin du Roi, autrefois espace privé et clos, directement accessible depuis les appartements de Louis XIV.
Conclusion
Le domaine n’ouvre ses portes qu’à midi. Nous avions déjeuné d’un sandwich dans le parc, près de la grille du Petit Trianon, en attendant.
J’ai beaucoup apprécié cette visite, dans un palais moins imposant et plus respirable que le château.
Je comprends que Louis XIV l’ait apprécié à la fin de sa vie. Pourtant, malgré cette impression de calme, j’ai eu du mal à imaginer ces lieux réellement paisibles pour ceux qui y exerçaient le pouvoir.
Informations pratiques
- Horaire : 12h à 17h30. C’est court pour visiter le Grand Trianon, le Petit Trianon, les jardins et le Hameau. Mais c’est faisable.
- Parking : Stationnement possible à proximité du Grand ou du Petit Trianon. Entrée par la même grille que le château – 12 € par jour.
- Prix : Inclus dans le Passeport Versailles ou billet séparé.
- Boutique : Une petite boutique au Grand Trianon uniquement. Prévoyez donc vos souvenirs avant de partir visiter la suite du domaine.
- Toilettes : Gratuites. Une avant l’entrée du domaine et dans chaque palais mais peu de cabines.
Notes bibliographiques
🔗 Château de Versailles – Site officiel
🔗 Fascicule du domaine de Trianon
📘 Jacquet, Nicolas, Versailles secret et insolite. Le château, ses jardins et la ville, Paris, Parigramme, collection Guides illustrés, 2011, 203 pages. ISBN : 978‑2‑84096‑664‑7
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